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	<title>republiquefederalefrancaise &#187; Kanak</title>
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	<description>L&#039;avenir de la République Française</description>
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		<title>TRAITE D&#8217;ALLEGEANCE DE LA NOUVELLE CALEDONIE</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Jan 2020 05:43:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelle Calédonie]]></category>
		<category><![CDATA[24 septembre 1853]]></category>
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		<description><![CDATA[La véritable date du rattachement de la Nouvelle Calédonie à la France date du traité d'allégeance des 31 décembre 1843 et des 3 et 10 janvier 1844.]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>(informations tirées de <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="https://www.persee.fr/doc/outre_0300-9513_1989_num_76_284_2745">https://www.persee.fr/doc/outre_0300-9513_1989_num_76_284_2745</a></span>)</em></p>
<p>Nous sommes sous le règne de Louis-Philippe 1<sup>er</sup> (Monarchie de Juillet &#8211; 1830-1848).</p>
<p>Le Conseil des Ministres du 7 janvier 1843 décide le principe que &#8220;<em>la France renonce à la conquête de vastes territoires tout en maintenant ou développant un nombre suffisant d&#8217;établissements maritimes pouvant servir de points de relâche</em>&#8220;.</p>
<p>L&#8217;amiral Guy-Victor Duperré, ministre de la marine et des colonies, considère que cet accord de principe du 7 janvier 1843 du Conseil des ministres l&#8217;autorise à faire entrer ce territoire lointain qu&#8217;est la <strong>Nouvelle Calédonie</strong> dans le réseau des territoires sous pavillon français. Il envoie le 20 janvier 1843 au contre-amiral Dupetit-Thouars, commandant en chef de la station navale de l&#8217;océan Pacifique, des instructions secrètes (on se méfie des espions anglais) en vue de parvenir à ce résultat à l&#8217;occasion du transport et de l&#8217;installation sur place de l&#8217;évêque d&#8217;Amata, M<sup>gr</sup> Douarre, et de quelques missionnaires maristes. Mais les instructions précisent qu&#8217;il faudra s&#8217;assurer de l&#8217;accord préalable des chefs de l&#8217;île par la signature d&#8217;une déclaration de reconnaissance de souveraineté, en fait d&#8217;un acte d&#8217;allégeance, et dans ce cas le pavillon national pourra être confié à la garde du représentant de la mission mariste.</p>
<p>Bien que l&#8217;amiral Duperré démissionne quelques jours plus tard, le 6 février 1843, ses instructions secrètes relatives à la Nouvelle Calédonie ont été expédiées à Dupetit-Thouars qui en accuse réception le 21 juin 1843. Mais à Paris on s&#8217;interroge alors sur cette mission confidentielle dont, à cause du secret qui l&#8217;a entourée par crainte des espions britanniques, on ne retrouve trace nulle part.</p>
<p>M<sup>gr</sup> Douarre et son équipe de missionnaires maristes étant arrivés à Nuku-Hiva le 16 octobre 1843, Dupetit-Thouars rédige, toujours dans le plus grand secret, une lettre de mission au capitaine de corvette <strong>Julien Laferrière</strong>, commandant de la gabarre &#8220;<em>Le Bucéphale</em>&#8221; pour accomplir le destin de la Nouvelle Calédonie.</p>
<p>Le Bucéphale appareille le 1<sup>er</sup> novembre 1843 et mouille le 20 décembre dans le havre de Balade, dans le Nord de la Nouvelle Calédonie. La présence à Balade de Kanaks originaires de l&#8217;île d&#8217;Ouvéa (Iles Loyauté, partie de l&#8217;archipel calédonien) parlant un langage <strong>kanak</strong> proche du wallisien, langage que comprend également un des missionnaires, le père Viard, facilitera les échanges avec les chefs kanaks.</p>
<p>Les échanges entre les nouveaux arrivants et les Kanaks sont fructueux et empreints d&#8217;amitié. Aussi le commandant Laferrière ouvre-t-il les discussions pour obtenir l&#8217;allégeance des chefs kanaks. Le père Viard explique longuement pendant plusieurs jours, avec force détails et images que les Kanaks peuvent comprendre, le sens et la portée de la reconnaissance de souveraineté que leur propose la France sur cette terre de Nouvelle Calédonie, que les Kanaks appellent &#8220;<em>Terre d&#8217;Opao</em>&#8220;.</p>
<p>Le commandant les réunit tous le 31 décembre 1843 à bord du Bucéphale où le père Viard reprend ses explications. La déclaration d&#8217;allégeance à la France, préalablement préparée en trois exemplaires, est alors allègrement signée par les chefs présents que l&#8217;on aide à former les lettres de leur nom, mais qui tiennent eux-mêmes la plume. Les 2 et 3 janvier suivant, c&#8217;est au tour du grand chef de Koumac, entouré des siens, de signer la déclaration d&#8217;allégeance. Puis, le 10 janvier 1844, ce sont les 3 fils de Tchapéa, grand chef de Bondé, dont son héritier présomptif, qui signent la déclaration au nom de leur père. Enfin le drapeau français est levé à la mission de Balade le dimanche 21 janvier 1844. Le Bucéphale lève l&#8217;ancre le 22 janvier.</p>
<p>Voici le texte de l&#8217;acte qui a été signé le 31 décembre 1843, auquel ont ensuite été ajoutées les signatures des 3 et 10 janvier 1844:</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">TRAITE D’ALLÉGEANCE DE LA NOUVELLE CALÉDONIE A LA FRANCE DU 1<sup>er</sup> Janvier 1844</p>
<p style="text-align: center;">(entre la France et les rois et chefs kanaks)</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000080;"><em>« Nous, chefs de l’île Opao savoir : Pakili-Pouma, roi du pays de Koko ; Paiama, chef du pays de Balade ; Dolio, frère du roi de Koko ; Toe, frère du roi de Koko ; Goa-Pouma, frère du chef de Balade, ainsi que Tiangou et Oundo, Teneondi-Tombo, roi de Koima et ses frères, Chopé-Meaou, Oualai et Ghibal ; au nom du roi de Boudé, ses fils Dounorma-Tebapea, Cohin et Houangheno ; par devant les soussignés, commandant et officiers de la corvette française le Bucéphale, déclarons : Que, voulant procurer à nos peuples les avantages de leur réunion à la France, nous reconnaissons, à dater de ce jour, la souveraineté pleine et entière de Sa Majesté le Roi des Français Louis-Philippe 1er et de son Gouvernement, plaçant nos personnes et notre terre d’Opao sous leur haute protection vis-à-vis de toutes les autres puissances étrangères, et adoptons pour nôtre le pavillon français, que nous jurons de faire respecter par tous les moyens en notre pouvoir. »</em></span></p>
<p>(suivent les signatures des dénommés ci-dessus. Le commandant du Bucéphale, Julien La Ferrière, Charles Pigeard J. Trouhat, Lamotte, Heurtault, Gerin-Roz, de Drée, A. Chamois &#8211; Recueil des Traités de la France, par M. de Clercq, sous les auspices du ministère des Affaires Étrangères).</p>
<p>(la &#8220;<em>prise de possession</em>&#8221; s’est faite, quant à elle, près de 10 ans plus tard, le 24 septembre 1853, également à Balade).</p>

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<p>Même si à Paris on s&#8217;est interrogé et on a tergiversé sur les suites à donner à la signature de cet acte d&#8217;allégeance, du point de vue calédonien cet acte a toutes les formes de l&#8217;authenticité et de la légalité:</p>
<ul>
<li>le commandant du Bucéphale était, dans les circonstances de l&#8217;acte, le représentant légal de la France, muni d&#8217;instructions claires de sa hiérarchie;</li>
<li>Les chefs kanaks étaient légitimement habilités à engager leur communauté;</li>
<li>La France n&#8217;a jamais, à aucun moment, dénoncé la signature de cet acte en son nom, ni auprès des populations locales, ni en droit interne français, ni même en droit international.</li>
</ul>
<p>Au cours de la préparation de la signature de l&#8217;acte il y a eu de longues et claires explications sur son sens, sa portée et ses implications. La signature de l&#8217;acte s&#8217;est faite en toute transparence et, en particulier, il n&#8217;y a eu ni contrainte ni intimidation.</p>
<p>Compte tenu des circonstances, de la qualité et de la situation des parties, cet acte constitue à leur égard, ainsi qu&#8217;à l&#8217;égard de la communauté internationale, un acte parfaitement valide que l&#8217;on peut qualifier de &#8220;<strong><em>traité d&#8217;allégeance</em></strong>&#8220;.</p>
<p>L&#8217;acte de <strong>prise de possession</strong> ultérieur du <strong>24 septembre 1853</strong> ne peut donc être regardé que comme la confirmation de l&#8217;acte originel des 31 décembre 1843 et des 3 et 10 janvier 1844.</p>
<p>Aussi nous proposons que la date du 24 septembre pour célébrer la Fête Calédonienne soit abandonnée au profit de celle du 10 janvier, date à laquelle &#8211; 10 janvier 1844 &#8211; toutes les signatures de l&#8217;allégeance avaient été recueillies.</p>
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		<title>République Fédérale Française</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Nov 2014 11:28:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le projet “République Fédérale Française” répond à la situation de la Nouvelle Calédonie où s’affrontent les choix entre le maintien au sein de la République Française et l’accession à la pleine souveraineté]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le projet &#8220;<strong>République Fédérale Française</strong>&#8221; a, à l&#8217;origine, été pensé pour répondre à la situation calédonienne où s&#8217;affrontent les choix entre le maintien au sein de la <strong>République Française</strong> des <strong>loyalistes</strong>, et l&#8217;accession à la pleine souveraineté des <strong>indépendantistes</strong>.</p>
<p>Les statistiques des élections provinciales en <strong>Nouvelle Calédonie</strong> sur les quinze dernières années montrent que les loyalistes y sont indiscutablement majoritaires à près de 62%. Il est important de rappeler que ces statistiques se rapportent à un corps électoral extrêmement restreint, très favorable aux indépendantistes.</p>
<p>Dans toute démocratie la règle majoritaire prévaut, et toutes les parties prenantes en acceptent le principe. Les organisations politiques que le scrutin a prouvées minoritaires acceptent de se plier à la majorité des urnes. Le problème est qu&#8217;en Nouvelle Calédonie <strong>le vote indépendantiste est un vote ethnique</strong> auquel n&#8217;adhèrent, presque exclusivement, que les <strong>Kanak</strong>. Or cette population ne semble pas prête d&#8217;accepter un vote défavorable à leur objectif d&#8217;indépendance lors des <strong>référendums d&#8217;autodétermination</strong>.</p>
<p>Rapprocher ces points de vue si diamétralement opposés est donc une absolue nécessité si l&#8217;on veut éviter, soit le chaos, soit la <strong>partition de la Nouvelle Calédonie</strong>, mais paraît toutefois, a priori, relever de la quadrature du cercle.</p>
<p>Aussi, pour tenter de trouver une solution qui puisse éventuellement convenir aux uns et aux autres, faut-il s&#8217;extraire de la gangue calédonienne, se libérer des a priori, des convictions, des certitudes, s&#8217;élever au-dessus des contingences locales. Ce faisant, il faut prendre garde à ne pas se déconnecter de la réalité et ne pas construire &#8220;une usine à gaz&#8221;.</p>
<p>Après l&#8217;avoir longuement creusé, le sujet, s&#8217;il est toujours, un peu, <em>&#8220;politiquement incorrect&#8221;</em> et <em>&#8220;agitateur d&#8217;idées&#8221;</em>, a perdu son caractère utopique qu&#8217;il semblait présenter au tout début.</p>
<h1>1 &#8211; Le rapprochement des positions antagonistes</h1>
<p>Longtemps l&#8217;autonomie a fait figure d&#8217;épouvantail en Nouvelle Calédonie. C&#8217;était l&#8217;antichambre de l&#8217;indépendance dont une très grande majorité de Calédoniens ne voulait pas. Aujourd&#8217;hui nous sommes dans un régime d&#8217;autonomie poussé à l&#8217;extrême. Les transferts de compétences, tout bien considéré pas toujours dans l&#8217;intérêt bien compris des <strong>Calédoniens</strong>, ont atteint la limite du régalien. Les lois de pays sont de nature législative, ce qui est en principe réservé au parlement national. Nous partageons même avec l’État la compétence régalienne internationale, la Nouvelle Calédonie pouvant nommer ses représentants auprès de nations indépendantes de la région. Tout cela était impensable il y a quelques décennies.</p>
<p>Cependant les loyalistes considèrent qu&#8217;il existe une ligne rouge à ne pas franchir. Cette ligne rouge, c&#8217;est celle qui sépare l&#8217;appartenance de la Nouvelle Calédonie à la République Française de son accession à la pleine souveraineté internationale. La majorité calédonienne n&#8217;en veut pas, toutes ethnies confondues. Elle le répète scrutin après scrutin depuis toujours, et en particulier depuis 25 ans à partir de la mise en place de l&#8217;<strong>Accord Matignon</strong>, puis de l&#8217;<strong>Accord de Nouméa</strong>.</p>
<p>Face à cette volonté de près de 62% de la population de rester Français, les indépendantistes sont au contraire déterminés à franchir la ligne rouge et à accéder à l&#8217;indépendance de la Nouvelle Calédonie. Mais les raisons qui les poussent à vouloir concrétiser ce rêve, à bien les analyser, ne sont ni convaincantes ni démocratiques.</p>
<p>Une indépendance n&#8217;est envisageable que si elle est économiquement viable. Or, le niveau de vie actuel est assuré par un haut niveau des transferts financiers de la part de l&#8217;Etat. Sans ces transferts, mutatis mutandi, le niveau de vie moyen de la population serait amputé de manière très importante. Les indépendantistes ne peuvent pas compter sur le départ des électeurs provinciaux loyalistes, principalement non kanak, qui sont des gens, des familles installés depuis plus de 20 ans sur cette terre.</p>
<p>La poursuite de leur objectif par les indépendantistes est sous-tendue par leur désir de voir leur identité reconnue (voir article sur le <a title="Festival Melanesia 2000" href="http://www.caledonianpost.com/societe-coloniale-caledonienne-genere-revendication-independantiste" target="_blank">Festival Melanesia 2000</a>) et de retrouver de la dignité. Honnêtement, on ne peut les en blâmer. Cependant l&#8217;accession à l&#8217;indépendance n&#8217;est pas l&#8217;unique moyen de parvenir au résultat recherché, pour au moins deux raisons principales:</p>
<ul>
<li>La situation n&#8217;est pas aussi sombre que celle l&#8217;on tente de dépeindre. Les indépendantistes honnêtes reconnaissent que beaucoup de choses ont déjà été faites dans le sens de la reconnaissance identitaire et de la dignité, qu&#8217;il s&#8217;agisse de la récupération de terres coutumières et du développement économique, de la mise en valeur de la culture, de la promotion des hommes, etc…</li>
</ul>
<ul>
<li>Il reste, certes, de grands progrès à faire dans nombre des domaines, notamment en direction de la jeunesse kanak laissée au bord du chemin. L&#8217;accession à l&#8217;indépendance ne changera rien à cette situation, bien au contraire, alors que la solidarité nationale de la République serait certainement de nature à puissamment soutenir une politique d&#8217;aide au développement et à l&#8217;insertion de ces jeunes.</li>
</ul>
<p>Nous avons vu, dans nos deux articles précédents &#8220;<a title="L'absurdité indépendantiste en Nouvelle Calédonie" href="http://republiquefederalefrancaise.fr/2014/labsurdite-independantiste-en-nouvelle-caledonie/" target="_blank">L&#8217;absurdité indépendantiste en Nouvelle Calédonie</a>&#8221; et &#8220;<a title="La partition de la Nouvelle Calédonie" href="http://republiquefederalefrancaise.fr/2014/la-partition-de-la-nouvelle-caledonie/" target="_blank">La partition de la Nouvelle Calédonie</a>&#8221; que, d&#8217;une part il n&#8217;y avait pas de majorité pour consentir à l&#8217;indépendance et, d&#8217;autre part, que le refus prévisible du verdict des urnes par les indépendantistes les plus durs conduirait inévitablement à la partition de la Nouvelle Calédonie dont tous, loyalistes et indépendantistes disent cependant ne pas vouloir.</p>
<h1>2 &#8211; Trouver une solution acceptable par tous</h1>
<p>Il faut pourtant trouver une solution à cet antagonisme. Quel type d&#8217;organisation administrative et politique pourrait alors rapprocher les points de vue?</p>
<p>Au risque d&#8217;être un peu caricatural, on peut décrire la situation comme suit:</p>
<ul>
<li>Les loyalistes ont pris conscience et intégré le fait que la Nouvelle Calédonie a une histoire, une identité singulière par rapport à la Mère Patrie, la France métropolitaine, mais également par rapport aux autres entités ultramarines françaises. Ils ont accepté, et acceptent que la Nouvelle Calédonie bénéficie de l&#8217;autonomie la plus large pour administrer et mettre en valeur son identité et son développement. Mais ils veulent que cela se fasse au sein de la République Française à laquelle ils proclament haut et fort appartenir. Ils sont donc prêts, et l&#8217;ont déjà prouvé, à examiner toute solution institutionnelle qui respecterait leurs souhaits.</li>
</ul>
<ul>
<li>Les indépendantistes veulent une émancipation qui reconnaisse encore plus leur identité et qui rétablisse la dignité qu&#8217;ils estiment avoir perdue. Ils pensent que l&#8217;accession à l&#8217;indépendance, avec ce que cela emporte en termes de statut international, est le moyen de parvenir à ce résultat.<br />
A supposer que les indépendantistes soient ouverts à la discussion, ce qui malheureusement ne semble pas être le cas pour le moment, il paraît possible de trouver un moyen terme aux deux positions qui paraissent si antagonistes et irréductibles.<br />
Il s&#8217;agirait donc de trouver pour la Nouvelle Calédonie un statut d’État assorti de son maintien dans la République Française.<br />
Cette courte définition correspond à la définition de l’État fédéré au sein d&#8217;un État fédéral communément admise et pratiquée à travers le monde.</li>
</ul>
<h1>3 &#8211; Le projet République Fédérale Française</h1>
<p>Il y a pratiquement autant de variétés dans le degré d&#8217;autonomie des États fédérés qu&#8217;il y a d’États fédéraux. Il y a un monde entre la situation des États fédérés comoriens, mexicains, indiens, brésiliens, russes, américains, australiens, canadiens, les Länders allemands, les cantons suisses, etc… C&#8217;est donc avec une très grande liberté que l&#8217;on peut imaginer les rapports et la répartition des compétences entre le niveau fédéré et le niveau fédéral.</p>
<div id="attachment_711" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="http://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/11/CARTE-OUTRE-MER.jpg"><img class="size-medium wp-image-711" src="https://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/11/CARTE-OUTRE-MER-300x143.jpg" alt="Carte de l'Outre-mer" width="300" height="143" /></a><p class="wp-caption-text">Carte de l&#8217;Outre-mer</p></div>
<p>Si une telle solution était retenue pour la Nouvelle Calédonie, et même si la Nouvelle Calédonie était son seul Etat fédéré, cela impliquerait qu&#8217;elle serait fédérée à une République FEDERALE Française. Une telle évolution devrait nécessairement être actée par la Constitution nationale.</p>
<p>Cependant, la &#8220;fédéralité&#8221; ainsi accordée à la Nouvelle Calédonie devrait pouvoir être également accordée aux autres entités ultramarines française, Corse y compris, au libre choix de chacune d&#8217;entre elles. Il doit cependant être clair que cette &#8220;fédéralité&#8221; ne serait ouverte qu&#8217;aux seuls territoires ultramarins en raison de leur insularité, isolement, identité, culture et histoire propres. En aucun cas cela ne pourrait s&#8217;appliquer à des territoires faisant actuellement partie de la France continentale hexagonale.</p>
<h2>3.1 – Les objections</h2>
<p>Les objections que cette proposition ne manquera pas de soulever reposent sur l&#8217;affirmation que la nation française a une tradition unitaire, et que sa forme actuelle est marquée par l&#8217;indivisibilité, ce qu&#8217;affirme l&#8217;article 1er de la Constitution:<br />
<em>&#8220;La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale….&#8221;</em></p>
<p>A ces objections, on peut faire les réponses très rapides suivantes:</p>
<p>La &#8220;tradition unitaire&#8221; de la France est une fiction, une idée reçue:</p>
<p>⦁ La France a été loin d&#8217;être unitaire depuis ses origines jusqu&#8217;à la monarchie absolue de Louis XIV.</p>
<p>⦁ Le caractère unitaire de la nation décidé pendant la Révolution de 1789 a résulté de la lutte fratricide entre Jacobins favorables à l&#8217;unitarisme et Girondins favorables au fédéralisme. Les Jacobins ont eu beau jeu de faire valoir que le salut de la Patrie reposait dans le rassemblement unitaire de la nation, et non dans le fédéralisme à cause du péril dans lequel se trouvait la nation, en guerre contre toutes les monarchies européennes coalisées. Historiquement ce sont les jacobins qui l’ont finalement emporté en envoyant les 27 députés girondins à l’échafaud. Le choix du régime de la République a donc été circonstanciel.</p>
<p>⦁ Le concept de République Fédérale Française est ensuite réapparu sous la IVe République et à l&#8217;origine de la Ve République.</p>
<p style="padding-left: 30px;">- En effet, en 1955 une commission parlementaire proposa l’instauration d’une République Fédérale Française en faveur de l&#8217;outre-mer.</p>
<p style="padding-left: 30px;">- Un groupe de parlementaires de l’Outre-mer emmené par Léopold Sédar Senghor déposait le 7 mars 1956 devant le Parlement français une proposition de révision constitutionnelle visant à transformer la République Française en une République Fédérale Française, toujours en faveur de l&#8217;outre-mer.</p>
<p style="padding-left: 30px;">- Deux ans plus tard, courant 1958, l’option d’États fédérés d&#8217;outre-mer constituait une alternative pour les rédacteurs de la Constitution de la Ve République. L’avant-projet du gouvernement prévoyait l’institution d’un État fédéral. Finalement la Constitution, à part les départements et les territoires d’outre-mer, a prévu de regrouper toutes les autres possessions françaises au sein d’une “Communauté”.</p>
<p>On s&#8217;aperçoit qu&#8217;en fait, dans la période contemporaine, l&#8217;option fédérale a toujours été présente lors des choix importants de notre pays. En outre, depuis que l&#8217;Accord de Nouméa a été constitutionnalisé, la République est devenue objectivement fédérale, une République fédérale qui ne dit pas son nom.</p>
<h2>3.2 – Les rapprochements</h2>
<p>De nombreux rapprochements ont déjà été faits à propos de la relation que la Nouvelle Calédonie elle-même pourrait avoir avec le statut d’État fédéré:</p>
<ul>
<li>Dès l&#8217;origine de l&#8217;Accord de Nouméa, lors de la réunion du Parlement en congrès pour adopter la modification de la Constitution nécessaire à sa mise en œuvre, le Sénateur Jean-Marie Girault déclarait à la tribune:</li>
</ul>
<p><em>&#8220;L’objectif recherché, c’est le rapprochement de populations et d’ethnies diverses. Celles-ci y consentent et veulent le prendre en charge. Certes, on se rapproche ainsi d’une certaine forme de fédéralisme, mais qui s’en plaindrait s’il est bien vécu ?&#8221;</em></p>
<ul>
<li>Lors de son intervention au colloque &#8220;Destin des collectivités politiques d&#8217;Océanie&#8221; le 10 mars 2011à l&#8217;IRD à Nouméa, Alain Christnacht imaginait trois scenarii de sortie de l&#8217;Accord de Nouméa. Le second de ces scenarii était:</li>
</ul>
<p><em>&#8220;Un accord est obtenu sur une solution dans la République, allant au-delà de l’Accord de Nouméa, définissant une citoyenneté stable et laissant à la Nouvelle-Calédonie un large pouvoir d’auto-organisation. On devra alors chercher les limites absolues de l’autonomie, quelque part du côté de la Catalogne ou de certains États américains&#8221;</em>.</p>
<p>Or les modèles de référence que se choisit Alain Christnacht sont tous des Etats fédéraux !</p>
<ul>
<li>Dans sa communication &#8220;L’idée fédérale en Nouvelle-Calédonie depuis les accords Matignon&#8221; au colloque du 20ème anniversaire des Accords Matignon &#8211; Sénat, 25 et 26 avril 2008, le professeur Jean-Yves Faberon exposait:</li>
</ul>
<p><em>&#8220;A la fin de l’accord de Nouméa, l’Etat aura rétrocédé toutes les compétences à la Nouvelle-Calédonie sauf cinq compétences régaliennes : justice, ordre public, défense, monnaie et affaires étrangères. Précisons de plus que la Nouvelle-Calédonie y participe à certains égards. Cela fait qu’alors, sans être en bonne et due forme un État, elle en aura les compétences… à l’exception des attributs de souveraineté pleine et entière, les compétences régaliennes : ce n’est rien d’autre que le schéma fédéral !&#8221;</em></p>
<p><em>La solution d’un État de Nouvelle-Calédonie membre de la République française apparaît dès lors comme une voie fédérale propre à faire consensus entre indépendantistes et non indépendantistes de bonne volonté.&#8221;</em></p>
<ul>
<li>
<div id="attachment_681" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="http://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/10/LOGO-RFF.jpg"><img class="size-medium wp-image-681" src="https://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/10/LOGO-RFF-300x269.jpg" alt="République Fédérale Française" width="300" height="269" /></a><p class="wp-caption-text">République Fédérale Française</p></div>
<p>Enfin, le rapport &#8220;Réflexions sur l&#8217;avenir institutionnel de la Nouvelle Calédonie&#8221; de Messieurs Jean Courtial et Ferdinand Mélin-Soucramanien identifie et explore 4 quatre principales voies de sortie de l&#8217;Accord de Nouméa. La troisième de ces voies est &#8220;L&#8217;autonomie étendue&#8221; qui est, purement et simplement, la voie d&#8217;une République Fédérale Française (pp. 57-58 du rapport):</li>
</ul>
<p><em>&#8220;Tout ceci pour souligner que, dans l&#8217;hypothèse où la Nouvelle Calédonie s&#8217;orienterait vers cette perspective d&#8217;une autonomie étendue, le partage de toutes les compétences devrait sans doute être discuté à nouveau sans nécessairement que pèse la contrainte de cadres théoriques dépassés comme celui des compétences dites régaliennes. Dans le cadre d&#8217;une telle discussion, la question du partage des compétences serait évidemment centrale, comme elle l&#8217;est toujours dans les États fédéraux.</em></p>
<p><em>… Dans le cas de la Nouvelle Calédonie, si cette voie était empruntée, le rôle du Conseil constitutionnel comme régulateur des compétences respectives de la République et de la Nouvelle Calédonie, par hypothèse, entité fédérée, devrait être explicitement défini.&#8221;</em></p>
<h2>3.3 – Intérêts du projet République Fédérale Française</h2>
<p>Nous voudrions terminer ce fort long article sur une présentation sommaire des perspectives qu&#8217;offrirait la transition vers le statut d’État fédéré.</p>
<p>En premier lieu l&#8217;adoption du statut d’État fédéré de la Nouvelle Calédonie purgerait définitivement les incertitudes et hypothèques sur l&#8217;avenir. Cela assainirait les perspectives des citoyens et des investisseurs.</p>
<p>Il s&#8217;agirait alors de nous reconstruire, de reconstruire la société calédonienne sur des bases renouvelées, où chacun aura définitivement toute sa place. Cela passera par un nécessaire examen sincère des rapports que nous entretenons les uns avec les autres. Une refondation de nos rapports culturels et humains. Une sorte de psychothérapie collective, une remise en cause communautaire où chaque composante qui a fait l&#8217;histoire du pays aura le droit à la parole. Si nous connaissons le processus individuel, nous n&#8217;avons pas la recette d&#8217;une telle démarche au niveau collectif.</p>
<div id="attachment_684" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/10/Union-europeenne.png"><img class="size-medium wp-image-684" src="https://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/10/Union-europeenne-300x200.png" alt="Union Europeenne" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Union Europeenne</p></div>
<p>L&#8217;avenir, dégagé des traditionnelles hypothèques politiques, serait prometteur. La Nouvelle Calédonie pourrait alors devenir une terre de développement pour un certain nombre d&#8217;industries et de services métropolitains et européens en direction des pays de la zone Pacifique, d&#8217;Asie et des Amériques. La Nouvelle Calédonie, qui serait alors classée, non plus dans la catégorie de l&#8217;Union Européenne des PTOM (Pays et Territoires d&#8217;Outre-Mer), mais dans celle des RUP (Régions Ultra Périphériques), en conservant le choix des activités qu&#8217;elle souhaite privilégier, pourrait alors connaître un formidable développement économique et humain respectueux de l&#8217;environnement.</p>
<h1>4 – Soutien au projet République Fédérale Française</h1>
<p>Le site &#8220;<span style="color: #000080;">République Fédérale Française</span>&#8221; a été créé le 25 septembre 2009, il y a plus de cinq ans, pour soutenir le projet de transformation de la République Française en une République Fédérale Française. La page Facebook &#8221; République Fédérale Française&#8221; lui est associée.</p>
<p>Si cet article, ainsi que les précédents vous ont plu et convaincu, merci d&#8217;apporter votre soutien à ce projet en adhérant au site en suivant ce lien: <a title="Adhésion à République Fédérale Française" href="http://republiquefederalefrancaise.fr/adhesion/" target="_blank">ADHESION.</a></p>
<p>Plus nous serons nombreux, plus nous aurons la capacité de nous faire entendre, plus nous aurons de possibilités de faire passer notre message, plus nous pourrons servir la Calédonie française.</p>
<p>Merci également d&#8217;aller sur la page Facebook, de l&#8217;aimer, d&#8217;y apporter votre contribution sous forme de commentaires, et de partager avec vos amis les articles qui y sont publiés.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #000080;"><em>&#8220;<strong>République Fédérale Française, l&#8217;avenir de la République Française</strong>&#8220;</em></span></p>
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		<item>
		<title>L&#8217;Absurdité Indépendantiste En Nouvelle Calédonie</title>
		<link>https://republiquefederalefrancaise.fr/2014/labsurdite-independantiste-en-nouvelle-caledonie/</link>
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		<pubDate>Wed, 22 Oct 2014 04:43:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Nouvelle Calédonie]]></category>
		<category><![CDATA[Outre-mer]]></category>
		<category><![CDATA[Presse]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[absurdité indépendantiste en Nouvelle Calédonie]]></category>
		<category><![CDATA[Accord de Noumea]]></category>
		<category><![CDATA[Citoyens calédoniens]]></category>
		<category><![CDATA[deux couleurs un seul peuple]]></category>
		<category><![CDATA[indépendantiste]]></category>
		<category><![CDATA[Kanak]]></category>
		<category><![CDATA[le vote indépendantiste est dans une impasse]]></category>
		<category><![CDATA[le vote indépendantiste est un vote ethnique]]></category>
		<category><![CDATA[loyaliste]]></category>
		<category><![CDATA[referendum d’autodetermination]]></category>
		<category><![CDATA[Republique Federale Francaise]]></category>
		<category><![CDATA[Terre de parole terre de partage]]></category>
		<category><![CDATA[Union Calédonienne]]></category>

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		<description><![CDATA[Devant ce qui semble être les prémices d'un refus du résultat des prochains référendums d'autodétermination par les indépendantistes, on ne peut que conclure à l'absurdité indépendantiste en Nouvelle Calédonie, alors que les signataires de l'Accord de Nouméa ont tous accepté le principe démocratique symbolisé par la devise officielle de la Nouvelle Calédonie "Terre de parole, terre de partage".]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;observateur objectif et attentif de la situation politique dans notre territoire, en particulier de ce qui semble être les prémices d&#8217;un refus du résultat des prochains référendums d&#8217;autodétermination, ne peut que conclure à l&#8217;<strong>absurdité indépendantiste en Nouvelle Calédonie</strong>. Cette attitude est étonnante car les signataires indépendantistes de l&#8217;<strong>Accord de Nouméa</strong> avaient accepté le principe démocratique, symbolisé par la devise officielle de la Nouvelle Calédonie <em>&#8220;<strong>Terre de parole, terre de partage</strong>&#8220;</em>.</p>
<div id="attachment_693" style="width: 635px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/10/20141012_093616.jpg"><img class="size-large wp-image-693" src="https://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/10/20141012_093616-1024x576.jpg" alt="&quot;Terre de parole, terre de partage&quot;" width="625" height="351" /></a><p class="wp-caption-text">&#8220;Terre de parole, terre de partage&#8221;</p></div>
<p>Pour rappel, deux articles précédemment publiés sur CaledonianPost ont été consacrés aux corps électoraux:</p>
<ul>
<li><a title="Le corps électoral provincial calédonien" href="http://www.caledonianpost.com/corps-electoral-provincial-caledonien" target="_blank">Le corps électoral provincial calédonien</a></li>
<li><a title="Le corps électoral référendaire calédonien" href="http://www.caledonianpost.com/corps-electoral-referendaire-caledonien" target="_blank">Le corps électoral référendaire calédonien</a>.</li>
</ul>
<h1>1 &#8211; La situation démocratique interne en Nouvelle Calédonie</h1>
<h2>1.1 &#8211; La composition démographique</h2>
<p>(source: Notes et Documents, n° 77, Recensement De La Population De La Nouvelle Calédonie: Principaux Tableaux Du Recensement 1996, Institut Territorial de la Statistique et des Etudes Economiques, novembre 1997, Nouméa)</p>
<div id="attachment_694" style="width: 210px" class="wp-caption alignright"><a href="http://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/10/CARTES-ELECTORALES-PHILIPPE.jpg"><img class="size-medium wp-image-694" src="https://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/10/CARTES-ELECTORALES-PHILIPPE-200x300.jpg" alt="Carte électorale" width="200" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Carte électorale</p></div>
<p>Le recensement de 1996 peut servir de base à une approche de ce que sera le corps électoral pour le futur <strong>référendum d’autodétermination</strong>. En effet :</p>
<ul>
<li>Il recense la population qui sera en âge de voter à cette occasion.</li>
</ul>
<ul>
<li>Il concerne également le corps électoral des &#8220;<strong>Citoyens calédoniens</strong>&#8221; ayant le droit de se prononcer aux référendums.</li>
</ul>
<p>Il faut partir de l&#8217;observation que la revendication <strong>indépendantiste</strong> est, pour l’essentiel, portée par l’ethnie mélanésienne. Objectivement, <strong>le vote indépendantiste est un vote ethnique</strong>. En effet, la plupart des partis – monocolores &#8211; militant en faveur de l’indépendance prennent pour référence, implicitement ou explicitement, le droit des <strong>Kanak</strong>, ethnie première occupante du pays, à revendiquer l’accession du pays à la pleine souveraineté: &#8220;Front de Libération Nationale <span style="text-decoration: underline;">Kanak</span> Socialiste&#8221; (FLN<span style="text-decoration: underline;">K</span>S), &#8220;Libération <span style="text-decoration: underline;">Kanak</span> Socialiste&#8221; (L<span style="text-decoration: underline;">K</span>S), Parti de Libération <span style="text-decoration: underline;">Kanak</span> (Pali<span style="text-decoration: underline;">ka</span>), &#8220;Union Progressiste <span style="text-decoration: underline;">Mélanésienne</span>&#8221; (UP<span style="text-decoration: underline;">M</span>), ou encore Front Uni de Libération <span style="text-decoration: underline;">Kanak</span> (FUL<span style="text-decoration: underline;">K</span>). Quant à l&#8217;<strong>Union Calédonienne</strong>, aujourd&#8217;hui monocolore, son slogan &#8220;<em><strong>deux couleurs, un seul peuple</strong></em>&#8221; n&#8217;est plus qu&#8217;un lointain souvenir, tous ses anciens membres issus des autres communautés de la société calédonienne l&#8217;ayant depuis bien longtemps quittée.</p>
<p>De ce fait, les membres des autres communautés constituant la part majoritaire de la population calédonienne sont invités à suivre et à adhérer à cette revendication d&#8217;indépendance kanak.</p>
<p>La part minoritaire de la population qui s’est déclarée &#8220;mélanésienne&#8221; lors du recensement de 1996 et qui sera en âge de voter lors des referendums d’autodétermination représente 79 024 personnes, soit 45,69% de la population totale des citoyens calédoniens.</p>
<h2>1.2 &#8211; Le verdict des urnes</h2>
<div id="attachment_683" style="width: 160px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/10/Elections.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-683" src="https://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/10/Elections-150x150.jpg" alt="Elections" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Elections</p></div>
<p>Les quatre consultations générales provinciales d&#8217;un corps électoral de Citoyens calédoniens dramatiquement restreint par l&#8217;application de la condition de près de 20 ans de résidence qui ont été organisées depuis la mise en place de l&#8217;Accord de Nouméa ont constamment montré une très forte majorité <strong>loyaliste</strong>, opposée à 60%-62% à l’indépendance de la Nouvelle Calédonie :</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li>1999:<br />
Loyalistes: 61,64% des suffrages<br />
Indépendantistes: 38,36% des suffrages</li>
</ul>
<ul>
<li>2004:<br />
Loyalistes: 60,04% des suffrages<br />
Indépendantistes: 39,96% des suffrages</li>
</ul>
<ul>
<li>2009:<br />
Loyalistes: 61,78% des suffrages<br />
Indépendantistes: 38,22% des suffrages</li>
</ul>
<ul>
<li>2014:<br />
Loyalistes: 58,58% des suffrages<br />
Indépendantistes: 41,42% des suffrages</li>
</ul>
<p>Le périmètre de l’audience des indépendantistes, aux alentours de 38%-40% de l&#8217;électorat restreint, a donc peu changé en 15 ans. L&#8217;épisode désastreux des élections provinciales de 2014 où les loyalistes perdent du terrain est lié à l&#8217;incroyable cacophonie et rivalité des partis loyalistes, ce qui a entraîné une démobilisation considérable de l&#8217;électorat loyaliste. Il s&#8217;agit d&#8217;une tendance lourde et il n’y a visiblement aucune raison que la répartition des suffrages évolue en faveur des indépendantistes. En effet, au lieu de se consacrer à essayer de convaincre les électeurs loyalistes du bien-fondé de leur proposition d’avenir politique, les dirigeants indépendantistes n’ont cessé, depuis la signature des Accords Matignon, puis de l’Accord de Nouméa , de ne s’adresser qu’à leurs propres troupes (&#8220;<a title="Recherche sortie Accord de Nouméa désespérément" href="http://republiquefederalefrancaise.fr/2014/recherche-sortie-accord-de-noumea-desesperement/" target="_blank">Recherche sortie Accord de Nouméa désespérément</a>&#8220;).</p>
<p>En rapprochant les données démographiques de l&#8217;ethnie mélanésienne (45.69%) et les résultats des indépendantistes aux scrutins provinciaux depuis la mise en place de l’Accord de Nouméa (aux alentours de 38%), on constate qu’il y a entre 15% et 20% de la communauté mélanésienne qui ne vote pas pour l&#8217;indépendance.</p>
<p>Il apparaît donc clairement que <strong>le vote indépendantiste est dans une impasse</strong> et que toutes les incantations et les affirmations des tenants de cette solution, inspirées de la méthode Coué, ne changeront rien aux résultats d’un scrutin démocratique. D&#8217;aucuns considèrent même que, par rapport aux élections provinciales où les Kanak votent plus facilement en fonction de leurs relations familiales, claniques, tribales, coutumières, culturelles, le scrutin d&#8217;autodétermination verrait une libération de ces emprises et un choix de l&#8217;électeur kanak plus orienté vers des considérations intégrant des problématiques d&#8217;avenir personnel et de leur descendance, mais également communautaire.</p>
<h1>2 &#8211; La règle démocratique externe</h1>
<p>La règle démocratique veut que le choix de la majorité s&#8217;impose à la minorité. Quelques exemples éclaireront cette proposition :</p>
<ul>
<li>Le Président François Hollande a été élu pour 5 ans par 51,64% des suffrages exprimés, et malgré une cote de popularité au plus bas nul ne met en doute sa légitimité d&#8217;exercer la fonction présidentielle.</li>
</ul>
<ul>
<li>L&#8217;option de l&#8217;indépendance du Québec lors du référendum d&#8217;autodétermination du 30 octobre 1995 a été rejetée par 50,58% de tous les électeurs inscrits sans condition de durée d&#8217;établissement, soit par 27 144 voix de majorité. Personne n&#8217;en conteste le résultat, et la &#8220;Belle province&#8221; fait toujours partie intégrante de l’État fédéral canadien.</li>
</ul>
<ul>
<li>Le référendum du 18 septembre 2014 sur l&#8217;indépendance de l’Écosse a rejeté la solution indépendantiste par 55,3% contre 44,7% d&#8217;un corps électoral ouvert à l&#8217;extrême puisque tous les résidents, sans condition de durée d&#8217;établissement, étaient admis à voter, y compris même les ressortissants des autres pays de l&#8217;Union européenne résidant en Écosse. L’Écosse fait donc toujours partie du Royaume-Uni.</li>
</ul>
<ul>
<li>Enfin, une leçon de démocratie vient d&#8217;être donnée aux indépendantistes calédoniens par nos voisins fidjiens. Pour information, le recensement de 2007 y dénombrait 475 739 Fidjiens d&#8217;origine mélanésienne (56,82 %), 313 798 Fidjiens d&#8217;origine indienne (37,48 %) et 47 734 autres personnes (5,7 %) pour un total de 877 271 personnes.</li>
</ul>
<p style="padding-left: 30px;">En 1987, deux coups d’État successifs menés par des personnes appartenant à l&#8217;ethnie mélanésienne d&#8217;origine renversent le gouvernement démocratiquement élu. Ces putschistes n&#8217;avaient pas accepté que les urnes aient donné la majorité à la communauté indo-fidjienne immigrée depuis le XIXe siècle dans l&#8217;archipel.</p>
<p style="padding-left: 30px;">La Constitution raciste de 1990 qui s&#8217;ensuivit confia le contrôle du pays à l&#8217;ethnie mélanésienne. Puis quelques amendements la rendirent plus démocratiquement présentable, ce qui entraîna un troisième coup d’État en 2000, de nouveau en faveur de l&#8217;ethnie mélanésienne.</p>
<div id="attachment_692" style="width: 160px" class="wp-caption alignright"><a href="http://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/10/bainimarama_wideweb__470x3510.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-692" src="https://republiquefederalefrancaise.fr/wp-content/uploads/2014/10/bainimarama_wideweb__470x3510-150x150.jpg" alt="Frank Bainimarama" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Frank Bainimarama</p></div>
<p style="padding-left: 30px;">Le chef des forces armées, Frank Bainimarama, chassa les putschistes ayant conduit ce troisième coup d’État et réussit à rétablir l&#8217;ordre. Suivirent des élections démocratiques, mais un quatrième coup d&#8217;État militaire du 5 décembre 2006, du même Commodore Frank Bainimarama, renversa le gouvernement considéré comme coupable d&#8217;avoir attisé les tensions entre les deux principales communautés ethniques. Par ailleurs certains membres du gouvernement avaient tenu des propos racistes et incendiaires à l&#8217;encontre des Indo-fidjiens.</p>
<p style="padding-left: 30px;">Une nouvelle constitution, de nature démocratique, a abrogé les listes électorales ethniques et la répartition des sièges selon des critères ethniques qui polluaient de manière raciste les constitutions précédentes. Cette dernière constitution a été promulguée le 22 août 2013, et les élections générales du 17 septembre 2014 ont donné la majorité absolue (59,2%) au parti Fidji First de Frank Bainimarama.</p>
<p>Cette période d&#8217;instabilité fidjienne, pendant laquelle le pays a été exclu du Commonwealth et mis au ban de la communauté internationale (seul le FLNKS rendait les honneurs à ce régime !), et qui s&#8217;est conclue par un retour à l&#8217;état démocratique, montre que, sauf à s&#8217;enfoncer dans la dictature, la seule règle viable dans un territoire où coexistent différentes communautés importantes est de respecter chacune de ces communautés, mais de reconnaître la primauté de la majorité. Les soutiens à la thèse ethnique indépendantiste calédonienne viennent de pays de la Mélanésie – Papouasie Nouvelle Guinée, Iles Salomon, Vanuatu &#8211; où ne coexistent pas de significatives communautés ethniques différentes.</p>
<p>Il est vraisemblable qu&#8217;après l&#8217;évolution démocratique récente de Fidji les indépendantistes calédoniens viennent de perdre le soutien inconditionnel de la nation la plus importante du Pacifique Sud insulaire.</p>
<p>En conséquence, depuis la démocratisation de son régime politique, la République de Fidji a été réintégrée dans le concert des nations du monde et a été de nouveau admise au sein du Commonwealth.</p>
<p>On ne saurait trop recommander aux loyalistes de Nouvelle Calédonie de se rapprocher du nouveau pouvoir fidjien, de lui accorder leur soutien dans son évolution démocratique, et d&#8217;établir et partager la similitude de nos deux territoires sur le plan de la coexistence communautaire.</p>
<p style="text-align: center;">*     *     *</p>
<p>En regardant ce qui se passe sur la scène internationale on ne peut donc qu&#8217;être stupéfait par l&#8217;incongruité et l&#8217;absurdité des positions des indépendantistes calédoniens.</p>
<p>Pourtant, il existe une solution qui pourrait rapprocher loyalistes et indépendantistes sur cette belle terre de Nouvelle Calédonie: le projet <strong>République Fédérale Française</strong>.</p>
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