PARTITION DE LA NOUVELLE CALEDONIE

La Partition De La Nouvelle Calédonie Devient Une Option Possible

Dans un post du 11 juillet 2019 Alain Christnacht fait l’éloge de la carrière de Thierry Lataste et salue la nomination du nouveau haut-commissaire Laurent Prévost. Entre hauts fonctionnaires de l’Etat, rien de plus normal.

On sait qu’Alain Christnacht a une vision extérieure de la Nouvelle Calédonie, on aurait envie de dire une vision de “Métropolitain”. Cela n’est absolument pas péjoratif, et parfois, souvent même, il est très utile, judicieux, d’avoir un regard extérieur pour permettre de s’extraire du quotidien et de l’environnement. Mais cette vision extérieure n’intègre que rarement l’identité, la mentalité, les convictions, l’histoire et le vécu des gens du cru.

Cette vision extérieure a toujours amené Alain Christnacht à considérer que les Kanaks, par leur antériorité, avaient un droit inné et supérieur aux autres composantes de la population de Nouvelle Calédonie à décider de son avenir institutionnel. Et c’est sans doute malgré lui, à cause de l’histoire violente à laquelle il fallait mettre un terme, qu’il a, avec d’autres, accepté et fait accepter aux indépendantistes l’idée que les autres communautés calédoniennes, sous les réserves inédites et excessives que l’on connaît imposées au corps électoral, avaient un droit égal à participer à la définition de cet avenir.

Cette approche est dictée par l’idéologie, et réduit injustement la contribution de 4, 5, 6, voire 7 générations de ces communautés à la construction calédonienne. L’application d’une telle approche au Commonwealth australien, à la nation néo-zélandaise, aux États-Unis d’Amérique, à la Fédération canadienne, ou à la République brésilienne, donnerait de curieux résultats.

Son récent post n’échappe pas à ce travers. Relevant que l’on resitue plus fréquemment maintenant la communauté mélanésienne à son juste poids électoral, Alain Christnacht dénonce “la remise en cause insidieuse de l’Accord de Nouméa” en prétendant qu’il s’agit là ni plus ni moins que d’une “remise en cause des Accords de Matignon-Oudinot“, confondant dans une pratique auto centriste, ses propres convictions et celles de la population calédonienne. Car, lors des référendums d’acceptation de ces différents Accords, les électeurs calédoniens démocratiquement consultés ont voté pour une stricte égalité des voix, sans accorder de privilèges à l’une ou l’autre communauté.

Prenons garde à ne pas nous engager dans les dérives de l’exemple fidjien.

L’ensemble du post aurait pu faire passer inaperçus 5 petits mots enchâssés dans le texte et qui recèlent une signification exceptionnelle: Alain Christnacht déclare que “la partition est une option”.

PARTITION DE LA NOUVELLE CALEDONIE

PARTITION DE LA NOUVELLE CALEDONIE

Le mot est lâché ! Et il est nouveau dans le discours de l’ancien haut-commissaire. Il est le signe d’une évolution gigantesque dans le regard qu’il porte sur l’avenir calédonien. Il révèle que son distingué auteur accepte aujourd’hui de considérer comme possible le risque de voir le jusqu’au-boutisme, le rejet indépendantiste du principe démocratique mener à l’impossibilité absolue de construire un avenir commun et imposer une partition dont pourtant chacun a toujours clamé ne pas vouloir.

Nous ne pouvons que nous référer à l’article que nous avions rédigés il y a près de 5 ans: “La Partition De La Nouvelle Calédonie“.

Il sera intéressant de voir comment réagiront les différents partis et dirigeants indépendantistes calédoniens à cette déclaration.